La chasse photo

Presentation Chasse Photo Activités Adhésions Membres

 

La "Billebaude", ou la chasse devant soi

 


Chevreuil - ©  Daniel Trinquecostes

 


Faisan - © Patrick Farlet

 


Lièvre - © Jean-Pierre Trinquecostes

 


Chevreuil - © Daniel Gourdin

 

Quelques conseils à de jeunes chasseurs photographes ....

La Billebaude est, pour moi, synonyme de Randonnée. Mes trop rares heures de loisir sont utilisées en promenade. Les lieux que je fréquente me sont bien connus. Toutefois il y a toujours une part de hasard dans cette technique et c'est, je crois, ce qui me plaît. Cette façon de pratiquer la chasse photographique apporte plus de déception que de réussite, mais le plaisir de passer une journée, voire un week-end, en pleine nature est, pour celui (ou celle) qui sait voir, entendre ou sentir, un moment de grande richesse et point n'est besoin de s'encombrer de matériel.


Chez les animaux la vue, l'ouïe et l'odorat sont excessivement développés. Il faut par conséquent, au fur et à mesure de nos sorties, aiguiser nos sens et apprendre à déceler dans les sous-bois le chevreuil qui observe déjà depuis quelques instants. Par le bruit ou par l'odeur, il aura déjà "senti" notre arrivée. Pour éviter d'être repéré et pour s'assurer que cette billebaude sera bénéfique, il nous faudra mettre en application les quelques règles suivantes :


Pendant nos déplacements nous devrons marcher lentement, très lentement ; nous arrêter très souvent, pour écouter, voir et sentir. Nos gestes devront être lents, très lents. Jamais de mouvements brusques. Si nous visons un chevreuil d'un geste brusque, nous risquons de le voir partir. Alors que si, lentement, nous montons notre boîtier et visons, même s'il nous observe, curieux comme il est, nous aurons le temps de déclencher. Car l'avantage que nous avons sur le chevreuil est qu'il distingue mal les formes. Si nous avons eu l'opportunité de l'approcher à bon vent, le temps qu'il mettra à nous observer, nous pourrons lentement, très lentement, déclencher et obtenir de bons clichés.


Le vent est très important. En effet il portera vers l'animal les moindres bruits de nos déplacements : choc du matériel sur les branches, les craquements sous nos pieds, l'accrochage de nos vêtements ou de notre filet de camouflage. Il portera aussi notre odeur. Là, plus possible de surprendre le chevreuil se reposant sur sa place. Il sera parti.


Les sens du chasseur photographe, la vue, l'ouïe et l'odorat, devront être développés. Au fur et à mesure de nos sorties, ces facultés s'affirmeront afin de nous permettre de nous rapprocher le plus possible du monde animal.


L'ouïe, l'odorat ; déceler les déplacements des sangliers est relativement facile. Leur odeur peut nous aider. A l'époque du rut, elle flotte dans la forêt. Le passage d'un cerf nous permet de localiser son emplacement. Mais pour entendre et prévoir l'arrivée d'un chevreuil, si nous avons décidé d'un affût naturel sur le passage, il nous faudra nous fier à l'horaire de ce passage après bien des observations.
La vue ; il nous faudra, là aussi, une grande habitude pour repérer dans les tamis cette biche et son jeune qui, immobiles, nous observent. Je passe rapidement sur le mimétisme du lagopède ou de la bécasse des bois. Même avec une grande expérience, il est impossible de déceler leur présence à nos pieds.
Toutefois l'ouïe offre le plaisir d'écouter tous les chants des oiseaux, les appels croissants des faisans mâles, cris curieux et qui portent très loin. KORRK-KORK.


Votre tenue vestimentaire est également importante. Celle-ci devra être discrète et se confondre avec la nature. Les treillis de l'Armée (français, allemands ou américains) sont des tenues tout à fait adaptées. De plus ces treillis comportent de nombreuses poches, ne sont pas fragiles et supporteront toutes les situations que nous pourrons rencontrer. Certains pantalons sont serrés dans le bas et possèdent un cordon, pour nous permettre de les enfiler dans des bottes. Les filets de camouflage, plus difficiles à trouver, sont eux aussi très utiles, voir indispensables. Enfin le matériel photographique devra aussi être camouflé. Par exemple : les parties chromées seront recouvertes d'adhésif noir ou camouflé, ou de feutrine. A tout cela s'ajoute d'autres règles, mais celles-ci figurent dans notre manuel.


Voilà. Nous pourrons, si vous le souhaitez, parler du matériel une prochaine fois.


La chasse photographique est une philosophie. Elle est régie par des règles : respecter et protéger la vie animale.

 

Maurice Chatelain

Texte paru dans le n°23 de TELEOBJECTIF en juillet 1985